samedi 25 septembre 2010

Abbey Road

 Abbey Road 1ère parution :
26 septembre 1969 !41 ans
déjà ! Abbey Road qui a failli
 s'appeler Mount Everest
puis Everest (ils avaient
envisagé de se faire
photographier au sommet),
 c'est le sursaut d'orgueil des
 Beatles après le bordel
intégral du Double blanc,
le fiasco de l'album Get back et des sessions Let it be.
Déconfits, ils décident de refaire un "bon disque", McCartney appelle
à la rescousse un George Martin surpris qui s'enquiert d'abord
de savoir s'il a l'aval de Lennon, lequel déjà en marge du groupe
avait signifié qu'il restait disponible.
Des séances avaient d'abord eu lieu aux studios Trident et Olympic, mais le gros oeuvre se fera en juillet/août aux studios Abbey Road d'EMI.

Geoff Emerick et George Martin à la console élaborent le futur mausolée des Beatles en huit pistes, un "prodige artisanal" : le son de basse, les guitares se répondant d'une baffle à l'autre, la grosse caisse de Ringo, les guitares d'Harrison filtrées par une cabine Leslie, se mélangeant à des sons de synthétiseur (moog). Le talent de George Martin fait merveille sur la face B en tissant un enchevêtrement de courtes séquences en un vertigineux medley (voulu et réalisé par Mac Cartney et contre lequel Lennon s'éleva avec force) véritable bouquet final de sons, d'idées et simulacre d'une cohésion retrouvée.

Lennon ne put participer aux premières séances à cause d'un accident de voiture, il fait installer un lit dans le studio 2 pour Yoko Ono convalescente qui peut communiquer avec un micro fixé au dessus de sa couche, laquelle ne se prive pas d'intervenir, suggérant à son époux de réenregistrer à sa place une prise que Mac Cartney écumant vient juste de réaliser. L'ambiance est lourde, le climat délétère, peu de chansons sont écrites à quatre mains par Lennon et Mac Cartney, la plupart des prises sont enregistrées séparément, squattant Abbey Road, les Beatles s'évitent et sont rarement plus de deux ou trois dans le même studio, Lennon caustique argumente sauvagement avec Mac Cartney, s'indigne que le groupe dépense tant de temps et d'argent à enregistrer "Maxwell silver hammer", Ringo claquera à nouveau la porte à cause de critiques assassines de Lennon concernant son jeu sur "Polythene pam", même George Martin tire la gueule, le flegmatique producteur sortira de ses gongs pour traiter Yoko Ono de salope et Harrison menacera de quitter le groupe parce qu'elle a englouti un de ses chocolats favoris. Ce même été, Brian Jones meurt noyé dans sa piscine.



Mac Cartney véritable maître d'oeuvre de l'édifice offre tout l'éventail de son talent prolixe allant de la mièvrerie au meilleur "Oh darling" et la face B, Harrison gagne ses galons de compositeur à part entière aux yeux de ses ainés embarrassés avec "Here comes the sun" et "Something" morceau sur lequel revanche suprême, il explique à Paul l'accompagnement à la basse, c'est le retour d'un Lennon dans une forme olympique, l'inspiration retrouvée, qui offre trois pépites à l'édifice d'autant plus appréciable qu'il est assez rare sur ce disque, quand à Ringo, il vocalise sur un jardin de poulpes.


Dans cette ambiance glaciale, le groupe retrouvera quelques moments magiques de cohésion, de complicité se souvient Geoff Emerick pour créer collectivement "Come together" sous la houlette de Lennon, à l'occasion de l'enregistrement de la partie vocale de "Because" qui leur donnera du fil à retordre, "The end" introduit par le premier et unique solo de Ringo, séance enthousiaste où Lennon délaissera brièvement son canard laqué pour se joindre à Mac Cartney et Harrison tous trois ravis de se livrer à un duel de guitares heavy-metal avec une envolée de coeurs aériens.


La célèbre photo de Iain Macmillan sur la pochette sujette à bien des interprétations funestes et rocambolesques ne montre malheureusement qu'une chose : les quatre Beatles tournant définitivement le dos aux studios Abbey Road.

1 commentaire:

PJ a dit…

Excellent billet ! Manque juste un détail : l'assistant de George Martin sur cet album s'appellait... Alan Parsons...